Adénomectomie par voie haute
1. Pathologie
1.1 Définition
La prostate est un organe situé juste sous la vessie chez l’homme, par lequel passe le conduit urétral permettant l’élimination des urines. Avec l’âge survient, chez une grande partie de la population masculine une augmentation du volume de la prostate. Ce tissu prostatique en excès est appelé adénome prostatique.
Cette augmentation de taille est bénigne (non cancéreuse) mais peut engendrer un obstacle à l’évacuation des urines. De façon générale une prostate est augmentée de volume à partir de 30 grammes. Pour des prostates de volume important (au-delà de 70 – 80 grammes) une résection de prostate (chirurgie endoscopique) ne permettra pas de supprimer assez d’adénome.

Il existe un questionnaire permettant d’évaluer de façon objective vos troubles mictionnels ; l’IPSS.
2. Intervention
2.1 Objectif
Ablation de l’adénome de la prostate par chirurgie à ciel ouvert.
2.2 Avant l’intervention
Une consultation d’anesthésie est obligatoire, l’intervention se déroulant sous anesthésie générale ou rachianesthésie.
Un examen bactériologique des urines (ECBU) est indispensable. Vos urines doivent être stériles avant l’intervention. En cas de bactéries dans les urines, l’intervention devra être décalée.
2.3 Technique
Durée opératoire : 40 à 90 minutes
L’intervention se déroule sous anesthésie générale ou rachianesthésie.
Le chirurgien effectue une incision verticale d’une dizaine de centimètres entre les muscles grands droits au dessus du pubis. La paroi de l’abdomen est disséquée jusqu’à la vessie, puis celle-ci est ouverte pour accéder à la base de la prostate. Il existe naturellement une zone de clivage entre l’adénome et la zone périphérique de la prostate. L’existence de ce plan de clivage est mise à profit pour disséquer au doigt l’adénome. C’est l’énucléation prostatique. L’adénome est ensuite enlevé et conservé pour analyse anatomo-pathologique. Après hémostase, une sonde vésicale est mise en place pour laver la vessie afin d’éviter la formation de caillots de sang dans la vessie. Une seconde sonde (sonde de cystostomie) est disposée dans la vessie, elle est extériorisée par la cicatrice abdominale. Enfin des drains sont positionnés autour de la vessie pour récupérer les sérosités postopératoires.
2.4 Suites postopératoires
Durée d’hospitalisation : 5 à 8 jours après l’intervention.
La sonde de cystostomie est enlevée le premier jour post opératoire.
Votre chirurgien décidera de la date d’ablation des drainages.
La sonde vésicale reste en place le temps de cicatrisation de la vessie, soit 5 à 7 jours habituellement. Son ablation n’est pas douloureuse.
2.5 Convalescence
La reprise d’une activité normale se fait 3 à 4 semaines après l’intervention.
Il peut survenir une hématurie (sang dans les urines) après votre sortie. Celle-ci est due à la chute des croutes au niveau de la zone opérée. Elle est généralement peu importante et une bonne hydratation permet de régler le problème en 2 à 4 jours.
3. Complications
3.1 Immédiates
3.1.1 Fréquentes
- saignement modéré avec formation de caillots pouvant nécessiter un lavage manuel à la seringue au lit.
- Infection urinaire : traitée par antibiotiques, peu prolonger de quelques jours l’hospitalisation.
- Epididymite
- abcès de la cicatrice
3.1.2 Rares
- anémie majeure nécessitant une transfusion de culots globulaires
- hématome de la cicatrice
3.1.3 Exceptionnelles
- écoulement d’urine par la cicatrice
- saignement important pouvant nécessiter l’ablation des caillots sous anesthésie voire une réintervention
- accident électrique : brulure cutanée, déprogrammation de pace maker
- plaie des organes de voisinage : uretère, intestin, vaisseaux du bassin
- infection de l’os du pubis
3.2 Tardives
3.2.1 Fréquentes
- infections urinaires
- incontinence mineure : quelques gouttes lors des efforts importants.
3.2.2 Rares
- incontinence majeure nécessitant le port de protections
- éventration au niveau de la cicatrice
- rétrécissement du méat de l’urètre, de l’urètre ou du col de la vessie
- nécessité d’un retraitement : il est de 5 % dans les dix ans qui suivent l’intervention
- impuissance érectile