Prostatectomie radicale par coelioscopie
1. Repères
1.1 Pathologie en cause
La prostatectomie radicale est une intervention proposée pour traiter les cancers de la prostate. Le cancer de la prostate est une maladie qui au début de son évolution passe complètement inaperçue. Sa recherche est donc nécessaire afin de le découvrir à un stade précoce, par un toucher rectal et un dosage de PSA annuel pour les patients de plus de 50 ans.
Le diagnostic est fait par des biopsies de la prostate en consultation.
1.2 Anatomie
La prostate est une glande située sous la vessie, elle participe à l’élaboration du sperme.
Par son centre passe l’urètre qui est le canal urinaire qui achemine les urines de la vessie à la sortie.
En arrière de la prostate se trouvent les vésicules séminales, sorte de réservoir contenant le sperme.
Sous la prostate se trouve le système sphinctérien responsable de la continence. Et autour passe les nerfs de l’érection.
1.3 Autres possibilités
La chirurgie est un des traitements possibles du cancer de la prostate. Il existe d’autres traitements possibles, comme la radiothérapie ou la curiethérapie. Le choix du traitement se fait en fonction de votre âge, votre état général, des caractéristiques de la tumeur.
2. Intervention
2.1 Objectif
Enlever la prostate et les vésicules séminales et reconstituer une continuité urinaire.
2.2 Avant l’intervention
Une consultation d’anesthésie préopératoire est obligatoire avant l’intervention.
Un examen d’urines (ECBU) doit être fait avant l’intervention, en cas de présence de bactéries l’intervention sera reportée.
2.3 Techniques
L’intervention se déroule sous anesthésie générale.
Durée opératoire : de 2 à 5 heures.
L’intervention vous est proposée par coelioscopie, le chirurgien réalise 5 incisions abdominales afin d’introduire les trocarts. Le plus gros des trocarts est situé au niveau de l’ombilic. Des trocarts supplémentaires peuvent être nécessaires afin d’aider le geste chirurgical.
Il s’agit ensuite pour le chirurgien de détacher la prostate et les vésicules séminales des éléments l’avoisinant. Une fois détachée la prostate est mise de coté dans un sac
Une fois la prostate enlevée de toutes ces attaches elle est mise de côté et le temps de reconstruction commence. Il consiste à rétablir la continuité entre la vessie et l’urètre (anastomose).
Un drain (redon) est ensuite mis en place dans la région opérée afin de récupérer les sérosités post opératoires.
Une sonde vésicale est mise en place pour drainer la vessie.
Enfin, le sac contenant la prostate est sorti par l’orifice ombilical.
2.4 Suites postopératoires
La durée d’hospitalisation varie de 3 à 10 jours.
La date d’ablation de la sonde vésicale est choisie par votre urologue, habituellement 5 à 8 jours après l’intervention. Votre urologue peut vous proposer un retour à domicile précoce avec la sonde vésicale en place, celle-ci étant ensuite enlevée à domicile par une infirmière ou au cours d’une hospitalisation de courte durée.
L’ablation de la sonde n’est pas douloureuse.
Un traitement anticoagulant par piqures est introduit afin d’éviter les phlébites et embolies post opératoires. Sa durée est de 15 à 30 jours au total.
2.5 Convalescence
Après l’ablation de la sonde, il existe fréquemment une incontinence urinaire. Celle-ci est régressive entre quelques semaines et plusieurs mois pour 9 hommes sur 10.
Une rééducation peut vous être proposée par votre urologue afin de renforcer les muscles participant à la continence.
Après l’intervention vous n’aurez pas d’érections spontanées pendant un certain temps (la reprise des érections dépend de plusieurs facteurs). Votre urologue vous proposera des moyens thérapeutiques qui vous permettront la reprise des érections.
Un suivi post opératoire pendant plus de 5 ans est nécessaire après l’intervention. Il consiste en un dosage de PSA régulier, le premier se faisant 3 mois après l’intervention.
3. Complications
3.1 Immédiates
3.1.1 Fréquentes
- infection urinaire
- hématome de paroi
3.1.2 Rares
- hémorragie pouvant nécessiter une transfusion
- fuites urinaires par le drain. Nécessite de laisser la sonde vésicale plus longtemps
- écoulement de lymphe
3.1.3 Exceptionnelles
- conversion en chirurgie à ciel ouvert
- plaie du rectum, si elle est vue immédiatement elle permet une réparation rapide, il est exceptionnel de recourir à la confection d’un anus artificiel pour permettre la cicatrisation de la plaie.
- abcès des cicatrices de paroi
3.2 Tardives
3.2.1 Fréquentes
- incontinence urinaire : très fréquentes dans les mois post opératoires. Elle est rarement définitive. Il s’agit le plus souvent d’incontinence mineure, quelques gouttes au moment des efforts. Au-delà de 12 à 18 mois en cas d’incontinence persistante votre chirurgien pourra vous proposer une intervention afin d’y remédier (pose de bandelette ou de sphincter artificiel)
- Troubles sexuels : la survenue d’impuissance post opératoire est fréquente, plus de 30%. Pour l’instant il est impossible de garantir la récupération d’une fonction érectile normale après prostatectomie radicale. Jusqu’à 18 mois après l’intervention il est possible de récupérer une fonction érectile. Pou aider à la récupération vous pourrez recourir à des moyens pharmacologiques (par voie orale, ou injection dans la verge de produits pro érectiles). Par ailleurs après prostatectomie radicale il n’y a plus d’éjaculations, cependant la sensation de plaisir lors des rapports est maintenue
3.2.2 Rares
- éventration au niveau des orifices de trocart pouvant nécessiter une réparation chirurgicale
- rétrécissement urétral : le plus souvent au niveau de la suture entre la vessie et l’urètre. Cette complication nécessite souvent un geste chirurgical complémentaire afin d’élargir l’urètre